Bricolage

Comment retirer une cheville Molly coincée : quelle méthode choisir ?

Le retrait d'une cheville Molly coincée représente un défi fréquent lors des travaux de rénovation ou lorsqu'on souhaite préparer un mur à la peinture. Ces fixations métalliques, particulièrement efficaces pour supporter des charges dans les cloisons creuses, peuvent s'avérer délicates à extraire sans endommager la surface. Heureusement, plusieurs méthodes permettent de venir à bout de ces chevilles récalcitrantes tout en préservant l'intégrité du support.

Comprendre la cheville Molly avant de l'extraire

Anatomie d'une cheville Molly : collerette et corps expansible

Avant d'entreprendre le retrait d'une cheville Molly, il est essentiel de comprendre sa structure particulière. Cette fixation se compose principalement de deux éléments distincts qui travaillent ensemble pour assurer sa solidité. La partie visible est la collerette, un anneau métallique qui reste en surface et empêche la cheville de s'enfoncer complètement dans le mur. Derrière celle-ci se trouve le corps métallique expansible, conçu pour se déployer à l'arrière de la cloison lors du serrage de la vis. Cette expansion crée un ancrage solide qui permet de supporter des objets relativement lourds sur des supports creux comme le placo ou les cloisons en plaques de plâtre. La connaissance de cette anatomie particulière permet de mieux anticiper les difficultés potentielles lors de l'extraction et d'adapter sa technique en conséquence.

Repérer les signes d'une cheville coincée ou bloquée

Plusieurs indices permettent d'identifier une cheville Molly problématique avant même de commencer les opérations de retrait. Lorsque la vis tourne dans le vide sans pouvoir être extraite, cela indique généralement que le mécanisme d'expansion s'est désolidarisé ou que les ailettes métalliques se sont repliées de manière irrégulière. La collerette peut également être enfoncée ou déformée, rendant la prise avec les outils plus compliquée. Parfois, la cheville présente des signes d'oxydation ou de corrosion qui solidifient l'ensemble et bloquent tout mouvement. Dans d'autres cas, c'est le support lui-même qui pose problème, notamment lorsque le plâtre s'est fissuré autour de la fixation ou que la cloison a été fragilisée. Identifier ces signes permet de déterminer quelle approche sera la plus appropriée et d'anticiper les difficultés éventuelles.

Trois techniques pour retirer une cheville Molly du mur

Extraction avec tournevis et pince : la méthode douce

La première approche à tenter reste la méthode la plus délicate, celle qui préserve au maximum l'intégrité du mur. Cette technique nécessite simplement un tournevis et une pince robuste. Le principe consiste d'abord à revisser légèrement la vis de la cheville Molly pour qu'elle dépasse de quelques millimètres au-dessus de la collerette. Cette manipulation permet de créer un point de prise solide. Ensuite, avec une pince multiprise ou une pince plate, saisissez fermement la collerette en veillant à bien la maintenir. L'objectif est de tirer délicatement tout en effectuant des mouvements de rotation alternés, dans le sens horaire puis antihoraire. Ces rotations permettent de desserrer progressivement le corps expansible qui se trouve derrière la cloison. La patience est essentielle lors de cette opération, car forcer brutalement risquerait d'agrandir le trou ou de casser la collerette, rendant les étapes suivantes plus complexes. Si la cheville commence à bouger, continuez les mouvements rotatifs tout en maintenant une traction constante et progressive jusqu'à ce que l'ensemble se libère complètement. Cette méthode fonctionne particulièrement bien avec les chevilles Molly récentes et non corrodées, installées dans des supports en bon état.

Enfoncement ou perçage : les alternatives pour les chevilles récalcitrantes

Lorsque la méthode douce échoue, deux alternatives s'offrent au bricoleur confronté à une cheville Molly obstinée. La première consiste à enfoncer la cheville à l'intérieur du mur plutôt que de tenter de l'extraire. Cette technique requiert un marteau et un chasse-clou ou un tournevis plat robuste. Positionnez l'outil sur la collerette et donnez des coups secs mais contrôlés pour faire pénétrer l'ensemble dans la cloison. Cette approche présente l'avantage d'être rapide, mais elle nécessite des précautions importantes pour éviter d'endommager le placo ou le plâtre environnant. Elle s'avère particulièrement adaptée lorsqu'on prévoit de reboucher complètement le trou par la suite avec de l'enduit de rebouchage. Pour les cas les plus difficiles, notamment lorsque la collerette résiste ou que la cheville refuse de bouger, le perçage devient nécessaire. Cette méthode plus radicale implique l'utilisation d'une perceuse équipée d'un foret métal dont le diamètre est légèrement supérieur à celui du corps de la cheville. Percez délicatement au centre de la collerette pour la désintégrer progressivement, en veillant à ne pas élargir excessivement le trou dans le mur. Une fois la collerette détruite, le reste du corps métallique peut être enfoncé dans la cavité murale. Bien que cette technique soit plus destructive, elle reste parfois indispensable face à des chevilles Molly particulièrement tenaces ou corrodées.

Réparation du mur après extraction de la cheville

Rebouchage et ponçage pour un rendu invisible

Une fois la cheville Molly retirée, quelle que soit la méthode employée, il reste généralement un trou plus ou moins important dans le mur qui nécessite une intervention pour retrouver une surface parfaitement lisse. Le processus de rebouchage commence par la préparation du trou. Pour les cavités de taille importante, une astuce efficace consiste à insérer une boule de papier journal légèrement humidifiée au fond du trou, ce qui créera un support pour l'enduit et évitera qu'il ne s'enfonce trop profondément dans la cloison creuse. L'enduit de rebouchage s'applique ensuite généreusement, en veillant à bien remplir toute la cavité et en laissant volontairement un léger surplus qui dépassera de la surface du mur. Ce surplus est intentionnel car il permettra d'obtenir une surface parfaitement plane après le ponçage. Le temps de séchage varie selon l'épaisseur de l'enduit appliqué et les conditions d'humidité ambiante, mais il faut généralement compter plusieurs heures, voire une journée complète pour les trous profonds. Une fois l'enduit parfaitement sec et durci, le ponçage peut commencer. Utilisez un papier abrasif à grain fin ou une cale à poncer pour travailler la surface en effectuant des mouvements circulaires réguliers. L'objectif est d'obtenir une surface parfaitement plane et alignée avec le reste du mur, sans créer de creux ni de bosse. Si nécessaire, appliquez une seconde couche d'enduit pour corriger d'éventuelles imperfections, puis répétez l'opération de ponçage. Une fois le résultat satisfaisant, la zone réparée peut être peinte ou tapissée selon le revêtement existant.

Conseils pour éviter les dégâts lors du retrait

La réussite du retrait d'une cheville Molly repose largement sur la préparation et l'adoption des bonnes pratiques. Avant de commencer toute opération, rassemblez l'ensemble des outils bricolage nécessaires à portée de main, notamment un tournevis adapté, une pince robuste, une perceuse avec différents forets, un marteau, ainsi que le matériel de rebouchage comprenant l'enduit, une spatule et du papier abrasif. Cette préparation minutieuse évite les allers-retours et permet de travailler de manière fluide. La patience représente une qualité essentielle lors de ces travaux mur, car la précipitation conduit souvent à des dommages inutiles. Commencez toujours par la méthode la moins destructive avant de progresser vers des techniques plus radicales. Lorsque vous utilisez des outils comme la perceuse ou le marteau, travaillez avec délicatesse et progressivité plutôt qu'avec force brute. Protégez également la zone environnante en plaçant un carton ou une bâche au sol pour récupérer les débris et la poussière. Si vous devez retirer plusieurs chevilles Molly dans le cadre d'un projet de rénovation d'envergure, l'investissement dans une pince spéciale pour chevilles peut s'avérer judicieux et faciliter considérablement les opérations. Pour les personnes peu expérimentées en tutoriel bricolage ou face à des situations particulièrement complexes, comme des chevilles installées dans des matériaux fragiles ou anciens, faire appel à un professionnel reste une option sage qui garantit un résultat propre sans risque d'aggraver les dommages. Enfin, lorsque vous installerez de nouvelles fixations, privilégiez des chevilles adaptées au support et à la charge à supporter, et conservez toujours à l'esprit qu'une installation soignée facilitera grandement un éventuel retrait futur.