Faire construire une piscine naturelle chez soi : étapes, matériel et conseils pour choisir pompe et filtres adaptés
Créer une piscine naturelle dans son jardin représente bien plus qu'un simple projet d'aménagement extérieur. C'est une véritable démarche écologique qui permet de profiter d'un espace de baignade en harmonie avec la nature, sans avoir recours aux produits chimiques. Ce type de bassin s'intègre parfaitement dans une démarche d'éco-construction et offre l'avantage de favoriser la biodiversité tout en créant un écosystème vivant et esthétique. Avant de vous lancer dans ce projet, il est essentiel de bien comprendre les différentes étapes, le matériel nécessaire et les spécificités techniques qui garantiront la réussite de votre installation.
Les fondations de votre projet : conception et préparation du terrain
Choisir l'emplacement idéal et dimensionner votre bassin
Le choix de l'emplacement constitue la première étape déterminante pour la réussite de votre piscine naturelle. Il est préférable d'opter pour un terrain bien ensoleillé, car la lumière favorise la croissance des plantes aquatiques qui joueront un rôle central dans l'épuration de l'eau. Toutefois, une partie à l'ombre peut être envisagée pour limiter l'évaporation excessive et maintenir une température modérée. En effet, l'eau d'une piscine naturelle ne peut être chauffée au-delà de vingt-quatre degrés Celsius afin de préserver l'équilibre biologique.
Le dimensionnement du bassin dépend de vos besoins et de l'espace disponible. Une piscine naturelle nécessite généralement un espace compris entre quatre-vingts et cent mètres carrés. Ce système se compose structurellement d'au moins deux bassins distincts : le bassin de baignade et le bassin de filtration. Un troisième bassin, appelé bassin de régénération, peut être ajouté pour optimiser le traitement de l'eau. La zone de baignade nécessite une profondeur d'environ un mètre quarante, tandis que la zone de lagunage, destinée aux plantes filtrantes, se contente de soixante centimètres. Si vous choisissez une filtration in situ avec uniquement du lagunage, cette zone doit représenter au minimum cinquante pour cent de la surface totale.
Le sol argileux offre des avantages naturels pour l'étanchéité, mais dans la plupart des cas, il faudra recourir à des solutions techniques comme les membranes étanches ou les bâches EPDM. Ces matériaux garantissent une imperméabilité durable et résistent aux variations climatiques.
Obtenir les autorisations nécessaires et préparer le terrassement
Avant d'entamer les travaux, il est indispensable de se renseigner auprès de votre mairie sur les démarches administratives requises. Les formalités varient selon la superficie du bassin. Pour un bassin de moins de dix mètres carrés, aucune déclaration n'est généralement nécessaire, sauf si votre terrain se situe dans une zone protégée. Entre dix et cent mètres carrés, une déclaration préalable de travaux suffit. Au-delà de cent mètres carrés, un permis de construire est obligatoire.
Une fois les autorisations obtenues, l'étape du terrassement peut commencer. Il s'agit d'un travail d'envergure qui nécessite souvent la location d'une pelleteuse. Le coût de cette opération varie selon la superficie et la complexité du terrain, mais reste un investissement essentiel. Pour une piscine naturelle de quarante mètres carrés réalisée en autoconstruction, le budget global peut avoisiner sept mille quatre cents euros, incluant la location de l'engin, les bâches à dix euros le mètre carré, les graviers pour vingt mètres carrés à cinq mille euros et les pompes à mille euros. Ce montant reste bien inférieur au prix moyen constaté lorsque l'on fait appel à un professionnel, qui peut atteindre cinquante mille euros.
Le terrassement doit respecter les différentes profondeurs nécessaires aux zones de baignade et de filtration. La gestion du surplus de terre constitue également un point à anticiper. Vous pouvez réutiliser cette terre pour créer des reliefs paysagers autour du bassin ou pour d'autres aménagements dans votre jardin.
Le système de filtration naturelle : sélectionner pompe et équipements
Comprendre le fonctionnement de la zone de régénération et de lagunage
Le principe fondamental d'une piscine naturelle repose sur la création d'un écosystème autonome où plantes et bactéries collaborent pour purifier l'eau. La zone de lagunage accueille des plantes aquatiques qui filtrent et oxygènent l'eau en continu. Ces végétaux absorbent les nutriments et les matières organiques, limitant ainsi le développement des algues et maintenant une eau claire et saine.
Il existe trois principaux types de filtration pour les piscines écologiques. La filtration in situ fonctionne uniquement avec du lagunage et requiert une surface conséquente dédiée aux plantes. La filtration ex situ combine un système de filtrage mécanique avec un traitement biologique, permettant de réduire la surface nécessaire tout en maintenant une excellente qualité d'eau. Enfin, la filtration hybride associe les avantages du lagunage et de la filtration mécanique pour offrir une solution complète et efficace.
Le substrat utilisé dans la zone de filtration joue également un rôle crucial. Les roches volcaniques et le gravier constituent des supports idéaux pour le développement des bactéries épuratrices. Ces micro-organismes transforment les déchets organiques en éléments assimilables par les plantes, fermant ainsi le cycle naturel de purification.
Comparer les différents types de pompes pour une circulation optimale
La circulation permanente de l'eau représente un élément vital pour le bon fonctionnement de votre piscine naturelle. Une pompe de circulation doit fonctionner vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour assurer le passage de l'eau entre le bassin de baignade et la zone de filtration. Cette circulation continue garantit une oxygénation suffisante et empêche la stagnation qui pourrait favoriser le développement de micro-organismes indésirables.
Le choix de la pompe dépend du volume d'eau à traiter et de la configuration de votre installation. Pour un bassin de quarante mètres carrés, une pompe d'une puissance d'environ mille euros constitue un investissement raisonnable. Il est essentiel de privilégier un modèle économe en énergie pour limiter la consommation électrique, qui représente l'un des principaux coûts d'exploitation d'une piscine naturelle.
Le groupe de filtration comprend généralement un pré-filtre à grille qui retient les débris les plus grossiers avant que l'eau n'atteigne le filtre principal. Certains systèmes utilisent un filtre à bead, particulièrement efficace pour capturer les particules fines. Pour optimiser davantage le traitement de l'eau, il est possible d'ajouter un système UV-C qui élimine les micro-organismes pathogènes sans altérer l'équilibre biologique du bassin. Une cartouche anti-phosphate peut également être installée pour limiter les nutriments disponibles pour les algues. Enfin, une pompe doseuse de bactéries permet d'enrichir régulièrement le système en micro-organismes bénéfiques, accélérant ainsi les processus de dégradation des matières organiques.
Le local technique abrite l'ensemble de ces équipements et doit être conçu pour faciliter l'accès et l'entretien. Il regroupe le filtre biologique, la pompe de circulation, le pré-filtre et l'ensemble de la tuyauterie. Un local bien organisé simplifie grandement la maintenance et prolonge la durée de vie du matériel.
Aménagement végétal et mise en eau de votre bassin écologique

Sélectionner les plantes aquatiques filtrantes pour un écosystème équilibré
Le choix des plantes constitue une étape déterminante pour la réussite de votre piscine naturelle. Plusieurs catégories de végétaux remplissent des fonctions complémentaires. Les plantes épuratives, comme les roseaux ou les iris des marais, absorbent les nitrates et les phosphates présents dans l'eau. Les plantes oxygénantes, telles que les élodées ou les myriophylles, rejettent de l'oxygène dans l'eau et contribuent à maintenir un environnement sain pour les micro-organismes bénéfiques.
Les plantes flottantes, comme les nénuphars, offrent de l'ombre et limitent le développement des algues en réduisant la quantité de lumière atteignant le fond du bassin. Enfin, les plantes décoratives apportent une touche esthétique et permettent d'intégrer harmonieusement la piscine dans son environnement paysager. Il est recommandé de privilégier des espèces locales qui s'adapteront mieux au climat et nécessiteront moins d'entretien.
La plantation s'effectue après la pose de la membrane d'étanchéité et le remplissage partiel du bassin. Un feutre de protection est installé sous la bâche EPDM pour éviter les perforations causées par les racines ou les pierres. Les plantes sont disposées dans des paniers remplis de substrat adapté et positionnées aux profondeurs appropriées selon leurs besoins spécifiques.
Surveiller la qualité de l'eau et accompagner la maturation biologique
Une fois la piscine remplie, il faut compter environ quatre mois pour que l'écosystème s'équilibre pleinement. Cette phase de maturation biologique est cruciale et nécessite de la patience. Durant cette période, les bactéries colonisent progressivement le substrat et les surfaces, les plantes développent leurs systèmes racinaires et l'eau gagne progressivement en clarté.
L'eau de pluie ou l'eau de puits constituent les meilleures options pour le remplissage initial, car elles sont exemptes de chlore et d'autres traitements chimiques qui pourraient perturber le développement de l'écosystème. L'utilisation de crème solaire est également déconseillée pour la baignade, car les substances chimiques qu'elle contient peuvent déséquilibrer le système biologique.
L'entretien d'une piscine naturelle reste relativement léger comparé à une piscine traditionnelle. Il n'est pas nécessaire de changer l'eau, mais une surveillance régulière de sa qualité s'impose. Le contrôle des algues passe par un équilibre entre la quantité de plantes, l'ensoleillement et la circulation de l'eau. Le nettoyage du fond et des parois se limite généralement à un passage occasionnel pour retirer les dépôts organiques. Les feuilles mortes et autres débris doivent être retirés régulièrement pour éviter leur décomposition dans le bassin.
La consommation d'eau d'une piscine naturelle peut être plus importante qu'une piscine classique en raison de l'évaporation, accentuée par la présence de plantes. Un appoint régulier est donc nécessaire, particulièrement durant les mois chauds. Toutefois, les multiples avantages écologiques et esthétiques compensent largement cet inconvénient.
L'aménagement extérieur autour du bassin contribue à l'intégration paysagère et au confort d'utilisation. Une terrasse en bois, un dallage en pierre naturelle ou une plage de sable créent des espaces de détente agréables. Des chemins de pierres permettent de circuler facilement et d'accéder aux différentes zones. L'ajout de végétation complémentaire autour du bassin renforce l'aspect naturel et favorise la biodiversité en attirant papillons, libellules et autres insectes bénéfiques.
Faire construire une piscine naturelle représente un projet ambitieux mais accessible, que vous choisissiez de réaliser les travaux vous-même ou de faire appel à un professionnel. L'investissement initial est compensé par les économies réalisées sur l'entretien et l'absence totale de produits chimiques. Au-delà de l'aspect pratique, vous créez un véritable écosystème vivant qui évolue au fil des saisons et offre un cadre de baignade unique et respectueux de l'environnement.


